Avec le temps, Scarface est devenu un film culte, ce qui est assez rare pour un "remake" que cela mérite d'être souligné. Le premier est un classique du film de gangsters, le second un opéra baroque cynique, sanglant, brutal, exagéré. Brian De Palma opère un virage à 180° en laissant tomber le thriller hitchcockien pour faire un film de gangsters (genre qu'il reprendra avec L'Impasse), dont le sujet, étalé sur près de trois heures, atteint une plus grande profondeur que la version d'origine de Hawks, et ce grâce à un excellent scénario d'Oliver Stone. Outre le fait de raconter l'ascension puis la chute d'un gangster, le film est une critique du rêve américain perdu et des institutions financières complices. Al Pacino y est très convaincant dans un rôle de psychopathe attiré uniquement par l'argent et le pouvoir.